Note générale :
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Il est évident que ce "journal de voyage", s'il est d'abord le témoignage d'une exigence -d'un besoin d'absolu poursuivi dans les aventures les plus difficiles, les plus dangereuses- est, en même temps, celui d'un défi : défi à l'exotisme, au pittoresque d'une réalité extérieure vite décevante à laquelle l'auteur d'Ecuador oppose sans cesse les pouvoirs triomphants de la réalité intérieure. "Le gong fidèle d'un mot", nous dit-il, accompagne souvent le voyageur. D'où ces poèmes -quelques-uns des plus beaux, des plus déchirants écrits par Michaux- qui jalonnent les pages de journal et donnent à Ecuador son rythme particulier, fait de notations précises et d'abandons à un lyrisme tout intime. Finalement, c'est avec ce récit de voyage, publié en 1929, qu'apparaissent déjà le mieux, en leur source et leur genèse, les mécanismes de la création imaginaire du poète Henri Michaux dans la mesure où s'y affirme déjà certaine prééminence de ces "espaces du dedans" dont l'exploration va donner bientôt l'oeuvre étonnante que l'on sait
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