Note générale :
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"Mais où était ce premier endroit? Le tout premier? Car le premier endroit, sans aucune preuve, était de couleur orange..." Ainsi commence un extraordinaire plongée dans le monde d'une enfance juive en Palestine, aux alentours des années vingt. Récit autobiographique, partition musicale, inventaire d'images matricielles disséquées avec la précision de l'entomologiste, ce livre- le premier en français de S. Yizhar, considéré pourtant comme le plus grand écrivain Israélien vivant - exalte le monde dans sa folle complexité et retrace la saga de ces pionniers arrivés en Terre promise, la Bible dans une main et les romans de Tolskoï dans l'autre. Paysans et intellectuels, socialistes, slaves transplantés en orient, ils furent le ciment sur lequel s'édifia l'Etat hébreu. Pour eux, la rédemption du peuple juif ne pouvait passer que par la terre. Et c'est précisément le rythme lent, lourd, répétitif des travaux des champs et du cycles des saisons qui sous-tend ce roman où les mots semblent retournés par le versoir de la langue. Mais la terre se montrait souvent ingrate et beaucoup finir par la fuir pour s'installer en ville. Là, entre les émeutes et les premiers émois, le jeune protagoniste du livre vis avec intensité une autre page de la génèse d'Israël. Aussi est-ce comme l'histoire d'une double formation qu'il faut lire Pémices : celle d'un enfant et celle d'un pays
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